jeudi 5 septembre 2013

une journée parfaite (à sa manière)

Il y a S. avec son chapeau de pêcheur et ses bateaux en papier qui se stoole lui-même quand tout le monde est censé être en silence et que je demande qui chante? Il répond c'est moi qui chante Princesse Anna et je lui souris, tu chantes bien S. mais c'est pas le temps de chanter, ok? Pis il se sent mal un peu dans ses yeux, comme s'il voulait pleurer. Pleure pas S. sinon jvais pleurer avec toi.
 
Il y a L. qui est toute nouvelle. Elle n'est pas habituée aux princesses. Elle veut essayer ma couronne mais je dis non, parce qu'une princesse ne prête pas sa couronne. En vrai, j'ai peur des poux.
 
Il y a T. qui se décourage pour pas grand chose et qui ne pleure pas des vraies larmes mais je l'aide quand même parce que je suis aussi là pour ça.
 
Il y a J. qui met des culottes trop petites et elle me dit mais j'ai vraiment mal princesse Anna, mes culottes sont trop petites pis ça me fait rire de cute.
 
La classe de 2e, pas assez longtemps, à chaque jour.
 
Puis après je pars à vélo, je le laisse en haut de la côte parce que je ne truste pas mes freins, je vais nulle part mais je me ramasse dans le bureau de mon ptit chum pour le frencher pis m'asseoir devant lui et le regarder (il est si cute) pas longtemps, je ne veux pas le déranger, il travaille lui! Pis après je marche à côté de mon vélo sur st-denis en écoutant la même toune sur repeat. Je dîne à la Petite Cuillère. Pis je m'arrête là où ça coûte toujours trop cher et je choisis une paire de pantalon qui me fit parfait. Pis j'angoisse pas. Je marche côté soleil avec mon foulard rose et mon chandail manche longue. La même toune. Pis je rentre au château. Toute seule avec mon divan. On est content.

déception

mais elle m'a dit je te garde une place tout près de mon coeur, je suis convaincue qu'on aura la chance de travailler ensemble, un jour.

lundi 2 septembre 2013

tranquilité

Ça fait longtemps - un moment tranquille avec moi-même, en pyjama dans le divan. À écouter n'importe quoi. À attendre la dernière des Chefs, je bet sur le français mais j'aimerais beaucoup que ce soit la fille qui se fait pas confiance pis qui braille tout le temps pis qui me fait brailler.
 
Y'a un bébé-pigeon sur mon balcon pis j'avais pas vraiment réalisé qu'il y avait une famille complète. Dans ma tête, c'était seulement des crisses de pigeons qui chiaient sur mon balcon. Je suis attendrie un peu. Mais pas trop.
 
L'automne s'en vient. Ça ne m'inquiète pas. J'ai hâte aux dimanches avec F., aux longues soirées dans le divan, sous la couverture, à pédaler sans avoir chaud, avec une tuque & des mitaines.
 
Demain c'est big. Pis j'ai confiance.

les doigts pis le coeur croisés

Parce qu'il faut que ça marche. Le timing parfait. Elle m'a dit toi, tes affaires s'arrangent toujours pis lui il m'a dit quand ta vie chie, on t'offre du papier en or pour t'essuyer. Faque je vais espérer pis y croire pis me dire que tout ça, ce serait vraiment vraiment trop parfait.
 
Mardi 3 septembre, 11h.
Pense à moi.

mardi 27 août 2013

marcher en arrière

Attacher mon vélo au même poteau près des grandes fenêtres de la bibliothèque. Se dire que ce n'est plus vraiment grave, oublier un peu et passer par l'autre porte, au bout du corridor. Croiser les professeurs, les sourires des élèves, même ceux en 6e année.. Princesse Annaaaaa et ça me donne envie de pleurer un peu mais on parle de tout & surtout de rien et l'après-midi passe vraiment vite et je repars avec mon vélo et ma petite peine.
 
Demain, ce sera moins pire.

samedi 24 août 2013

 
 
Everybody loses the thing that made them.
It's even how it's supposed to be in nature.
The brave men stay and watch it happen, they don't run.

The whole universe depends on everything fitting together just right.
If one piece busts, even the smallest piece...
the entire universe will get busted.
 
Je le savais depuis longtemps qu'il fallait que j'écoute ce film-là, depuis les Îles, depuis qu'il l'avait loué en me disant tu vas capoter, il faut trop que tu le vois. J'ai attendu qu'il me le dise et que lui me le redise, j'ai attendu presque la fin de l'été pis finalement, j'ai braillé de beau et de triste la fin et plein d'autres petites peines sans presque pouvoir m'arrêter mais F. était là et c'est toujours moins grave quand il est là.

vendredi 23 août 2013

demain, 2 mois

Aujourd'hui, F. m'a rejoint très tôt ce matin et même si en-dedans ici on dirait toujours le ciel gris, dehors c'était beau. On a eu envie d'un pique-nique dans le parc, ensemble, à marcher sur la rue Masson sans jamais vraiment se poser de questions très graves, il n'essaie plus de me prendre la main parce qu'il sait que je vais dire non, la vieille fille pas habituée d'être aimée.
 
Je vais peut-être retourner à st-jo juste pour le service de garde du midi, avec des élèves de 2e année. Et je continue d'espérer la job parfaite de princesse en croisant mes doigts vraiment fort.

jeudi 22 août 2013

post retour

Le retour à la réalité, c'est se réveiller un matin sans voir l'horizon et la mer qui ne finit jamais. Le stress du retour à la vie d'avant - quoi faire?

En partant aux Îles avec du chômage, c'était le choix de mon coeur. Cave de même, lui.

Je suis revenue. Une partie de mon coeur laissée là-bas, sur une corde à linge. Ici, une tête toute remplit de questions, une tête qui dort mal, qui a peur, crisse oui, vraiment peur.. mais qui se fait dire par tout le monde que ça va s'arranger.

mercredi 15 mai 2013

la grand'ville

Ça construit des condos juste à côté, ça fait du bruit, le ciel est blanc, la mer n'est pas là, ça vente comme le vent des Îles que j'aurais rapporté dans ma valise, ils me demandent pis? comment c'est le retour? et je réponds que c'est ok parce que c'est vrai, c'est ok.. je peux acheter du coke au dépanneur quand je suis lendemain de veille, je peux commander du poulet le dimanche soir, je peux appeler mon amie pis lui dire que je m'emmerde et elle me dit veux-tu venir souper? j'essaie de ne pas stresser en croisant mes doigts pour avoir une job, la job que je veux vraiment, je regarde dans ma bibliothèque, il y a mille livres que je n'ai pas lus, j'ai acheté un tout petit bureau de bois pour mon ordi près de la fenêtre, le monsieur m'a dit qu'il fallait le vernir mais ça m'a fait rire parce que je suis lâche, c'est sûr certain que je ne le vernirai pas parce qu'anyway, je le trouve beau comme ça, tout magané de vieillesse.

dimanche 12 mai 2013

le vrai retour

et voilà, j'ai quitté mes belles Îles en secret, pour surprendre ma soeur, ma belle nièce d'amour et my sweet brown friend.
 
Je suis arrivée jeudi, je n'ai pas pleuré (ou juste un tout ptit peu de rien du tout) en voyant la mer devenir des maisons toutes collées, je suis contente d'être ici, j'ai retrouvé mon appart, je vide mes valises, mes boîtes, je replace mes souvenirs, je me promène sur Masson et je trouve qu'il y a beaucoup de monde & beaucoup de bruit mais ça va passer, on s'habitue à tout.

automne 2014

La parution de mon album pour enfants aux éditions de la Morue Verte,
la maison d'édition des Îles de la Madeleine.
 
Je capote de trop beau bonheur rose.

jeudi 9 mai 2013

retour & fin

C'est ici que le trip se termine.

dimanche 5 mai 2013

doux printemps, quand reviendras-tu?

Pourquoi ne jamais vouloir faire comme tout le monde - ils quittaient et moi j'arrivais, avec l'automne, la brume et les tempêtes. Les longs mois interminables de gris, de vent, de pyjama dans le divan. Ils me demandaient qu'est-ce que tu fais ici? en ne comprenant pas trop pourquoi et moi je ne trouvais jamais la bonne raison - comment expliquer ce sentiment depuis toujours, depuis ces vacances où ils avaient tous contribués à faire de mon rêve une réalité vraie, encore une fois seule avec mon sac à dos, parcourir les plages et les bonheurs d'été madelinots.
 
Vivre l'hiver ici, choisir par hasard un nid où m'abriter, tomber là où il le fallait absolument, ne pas avoir ressenti le besoin d'être ailleurs, certains jours peut-être un peu plus près de la mer mais elle n'était jamais bien loin, par la fenêtre.
 
Puis le printemps, enfin. La vie qui reprend, les pêcheurs se lèvent au petit matin, les lumières se rallument dans les commerces et dans les yeux des gens, les vagues vont et viennent, comme moi au fond, je pars mais je reviendrai.

homard des Îles

 
On a été invité samedi soir, à manger mon premier homard des Îles - à Bassin, très très loin sur les Îles, presqu'à l'autre bout, à l'Étang-Des-Caps.. une maison magnifique, une vue incroyable, j'ai passé de longues minutes sur le balcon à me dire que jamais au monde j'avais vu quelque chose d'aussi beau. Puis le soleil s'est couché et les milliards d'étoiles dans le ciel, j'ai fait plusieurs voeux même si j'ai pas vu filer les étoiles, le voeu d'avoir la job que je veux tellement et le voeu de revenir ici aussi, avec eux.

samedi 4 mai 2013

le retour

 
C'est le printemps qui revient sur les Îles et mon départ qui approche - je m'étais jurée de ne pas quitter les Îles sans avoir l'impression d'y avoir fait le tour, avoir connu les 4 saisons, comprendre qu'il faut habiter là où on se sent chez soi, avec de l'amour tout autour parce que c'est ce qui manque ici, cette petite famille de coeur.
 
Je compte les jours avant la fin, mon billet d'avion en main, l'excitation de quitter les Îles et de retrouver un montréal d'été, les terrasses animées, les gens qui marchent trop vite, partout autour, des repères, tout accessible.
 
Je sais que j'aurai vite besoin de retrouver un semblant de calme, un lac, le fleuve, le silence. Je sais qu'il me sera toujours possible de repartir, qu'il y a une place au monde où il ne se passe pas grand chose, où l'infini est bleu, où la mer et ses tempêtes font trembler les maisons colorées.
 
Mais pour l'instant, voilà... après l'avoir rêvé longtemps cette vie de bord de mer, il est temps de rentrer, retrouver ma petite famille de coeur et me consoler parce que je sais qu'enfin, je suis bien chez moi.