samedi 17 novembre 2012

Les deux exploratrices

 
C'était un samedi froid de novembre mais on a décidé d'aller marcher, Delphine & moi. On a traversé une corde où c'était écrit INTERDIT parce qu'on est rebelle et qu'aux Îles, y'a rien de vraiment interdit. Et après, on a longé la mer pour découvrir quelque chose de très très beau où il n'y avait ni vent, ni vague. On a a eu froid aux mains, on a marché dans la boue, on a retrouvé plein d'affaires piquantes dans nos bottes pis on est rentré avec les joues rouges et l'idée de faire une carte aux trésors et l'envie d'avoir 8 ans, pour toujours.

vendredi 16 novembre 2012

vendredi soir

Je suis ici depuis 32 jours. Un mois.
 
Est-ce que c'est assez long pour dire qu'on s'ennuie? Pas vraiment, j'imagine. Mais des fois pour vrai, oui je m'ennuie. Mais jamais assez encore pour me dire que je serais mieux là-bas, avec eux. Ici, pour l'instant, je me sens bien. C'est certain qu'il y a des hauts et des bas comme là-bas, comme partout, tout le temps des questions pis des perturbations pis des pis des mais il faut prendre su'toé pis être plus forte que tout ça pis se dire que demain ça ira mieux pis c'est vrai crisse, le lendemain ça va toujours mieux.

Je ne suis pas encore habituée à tout ce que je vois dans mon quotidien. Je découvre encore mille choses par jour et le ciel bleu quand c'est le soleil partout sur les Îles, c'est encore dans mon top 4 de trop les plus belles choses de ma vie.

Sinon ben, comme je m'attache toujours vite au monde que j'aime, ma ptite famille des Îles a quelque chose de ben ben spécial, tsé quand tu rencontres du nouveau monde pis tu sais que tu vas les aimer pour toujours? J'ai vécu ça deux fois dans mes amitiés, avec MH & Pat. Et là, une troisième fois, avec Mélilissa et Gabriel. Qui eux, en prime, viennent avec la belle belle Romie et la trop sensible comme moi Delphine. Je ne pouvais pas mieux tomber.

Rouler en char ici, c'est malade.

jeudi 15 novembre 2012

dehors novembre

 
J'ai eu quelques trucs à régler dans les derniers jours, des ptits briseurs de coeur qui m'empêchaient de bien respirer pour profiter de l'air des Îles. Ma mère, précieuse maman, m'a dit : calme-toi et sois patiente, tout va se régler et c'est exactement ça, tout s'est réglé. Parfois, quand je m'arrête pour penser à la grand grande place qu'ont mes parents dans ma vie de princesse, je me demande bien ce que je ferai le jour où je serai un peu vieille et qu'ils n'y seront plus, beaux et grands et tellement forts dans leur amour.
 
J'ai assisté à une première rencontre d'un cercle d'auteurs, des gens passionnants qui se réunissent deux fois par mois pour écrire et lire devant les autres. Une belle belle gang - des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes. Avec beaucoup de talent. Hier, nous devions composer un blason qui consiste à rendre hommage à une partie du corps. Voici le mien :
 

"GRAINS DE BEAUTÉ – Au début, quand elle n’était qu’une enfant et que tout était propice à être mignon, on la surnommait « la p’tite rousse » et ces millions de petites taches, juste parce qu’elle était belle – des grains de beauté ma beauté qu’elle lui disait grand-maman. Plus tard, les sept petites taches couleur peau foncée, ces sept petits points qui forment un cœur un peu brisé près de son omoplate gauche se sont transformés en constellation de malheur. Chacun de ses amants, croyant être le premier, traçait la forme délicate du bout des doigts, s’imaginant que ce cœur était un présage à une histoire d’amour qui allait durer toujours. Mais à chaque fois, comme un mauvais sort, tout ce qui lui reste quand ils la quittent au petit matin, ce sont ses grains de beauté, une grande beauté, dessinée sur son dos, parfois difficile à voir, difficile à croire, surtout dans le miroir."
 
Mon coeur battait très fort au moment où la bouteille s'est arrêtée devant moi pour que je lise mon texte. J'ai lu vite, sans faire de pause avec les virgules, d'un seul souffle, les joues rouges, les mains moites. Mais personne n'est là pour juger, ils sont simplement là pour écouter et encourager. Une belle rencontre qui donne envie d'écrire. J'ai déjà hâte à la prochaine.

samedi 10 novembre 2012

ptit samedi aux Îles

Je me suis réveillée ce matin tout doucement, dans un éclat de rire parce que dans mon rêve, avec Caval, une ben bonne joke. C'était silencieux et très calme dans la maison, habituellement animée par une petite Romie de presque 2 ans qui joue qui rit qui court qui lit des livres qui fait des casses-têtes qui crie Annaaaaa.
 
Ils étaient tous là, en pyjama, Delphine qui dessinait, Romie qui buvait son lait, les parents qui s'occupaient comme des parents toujours contents d'être là tout le monde ensemble.
 
Ensuite, une journée presque comme toutes les autres, du grand vent qui fait croire qu'on pourrait s'envoler, un pied-de-vent beau beau beau (ah! c'est pour ça le nom du célèbre fromage?) le cours de natation pour juste jouer au UNO dans les estrades parce qu'il n'y a rien d'autre à faire à part applaudir Romie et lui dire ferme ta bouche tu vas avaler des mouches, une visite à La Machine et l'envie de tout acheter, surtout une belle paire de mitaines.. puis un restant de journée de sieste, casses-têtes, bière des Îles, pâté chinois, chips et télé.
 
Du bonbon de novembre, doux et simple.

vendredi 9 novembre 2012

jour 24

C'est gris sur les Îles, gris dans le ciel et gris partout autour, même les maisons colorées deviennent moins belles on dirait. Le gars là-bas veut me prêter un vélo c'est plus facile pour se déplacer mais avec le vent et les côtes, jsuis pas sûre sûre mais je le trouve quand même gentil et cute sauf quand il est trop saoul.

dimanche 4 novembre 2012

jour 19


 
Certains matins, je les trouve chanceux. Tout le monde ici a sa famille tout proche, son emploi, son quotidien tranquille sur le bord de la mer. Il y a sûrement des jours moins heureux où ils souhaiteraient être ailleurs, sur une terre peuplée d'inconnus, ne pas reconnaître personne, être étranger au milieu de tous.
 
Je lui ai dit J'ai hâte de trouver le divan d'un ami où je peux pleurer en buvant du vin - c'est ce qui me manque le plus ici et que je n'ai toujours pas réussi à trouver, une petite place confortable pour consoler les peines.
 
Sinon les gens autour sont accueillants, la plupart a passé par où je passe, se relever les manches, ne pas douter que c'était la bonne décision et tranquillement, tout va se placer. 

mardi 30 octobre 2012

2 semaine plus tard..

 
Il y a des jours où le vent des Îles souffle très fort sur les plages et le ciel gris ne colore pas la mer et les gens s'emmitouflent dans les maisons, sous la couverture, en pyjama. On cuisine des ptits gâteaux, on joue à Uno, on s'invente des histoires, on pleure aussi des fois à cause des SPM.
 
D'autres jours, le ciel brille bleu, on m'invite à marcher avec eux parce que tu fais partie de la famille maintenant, on boit des shooters dans le sous-sol du gars en peine d'amour, on s'asseoie sur le grand balcon pour regarder les vagues et je me dis que maintenant ici, elle est là ma place.

mardi 23 octobre 2012

jour 8

et bang, les SPM.
 
Apprivoiser tranquillement la vie sur le bord de la mer. Ne pas oublier la raison première d'être ici - vivre autre chose. Le désir et le rêve d'écrire mais l'urgence aussi, très très présente, de ne pas décevoir personne.

et si je n'écris pas, et si l'hiver passe puis le printemps puis l'été mais que rien ne se passe, que la peur grandit et que la page blanche reste blanche?

Ce ne sera pas vraiment grave mais certains jours comme aujourd'hui, oui c'est grave.

jeudi 18 octobre 2012

jour 3

Ici pour écrire mais pour l'instant, c'est mêlé dans ma tête. Écrire sur quoi? J'ai parlé avec G. et je lui disais qu'il me fallait une peine, une émotion pour écrire. Il a dit c'est sûr que t'as une émotion en étant ici mais ouioui une émotion mais rien de triste, juste du beau.

Alors j'écris sur du beau?
 

mercredi 17 octobre 2012

jour 2

J'ai passé ma dernière nuit à Montréal à ne pas dormir, à tourner et tourner dans mon lit en me demandant si vraiment, j'allais être capable.
 
À l'aéroport, c'était mélangé dans mon coeur, l'idée, le projet, l'envie de partir mais aussi la grande grande peine de laisser tout ce beau monde derrière moi.
 
Dans l'avion, je n'ai pas pleuré. J'ai regardé la pluie tomber sur Québec, sur Gaspé et sur les Îles. Et je suis finalement arrivée dans cette belle belle maison avec des enfants merveilleux et les parents parfaits, tsé du monde avec qui ça fit premier souper, première bouteille de vin, première émission de tv en pyj dans le divan à manger des bonbons..
 
et tranquillement, la vie continue ou recommence, comme tu veux.

lundi 15 octobre 2012

Jour Î pour Îles de la Madeleine

Et voilà .. départ dans quelques heures. Mes valises sont prêtes (et moins lourdes que 50 livres), mon petit coeur qui pleure tout le temps a laissé tout plein de grande place à l'excitation de l'avion et du déménagement et de la nouvelle vie sur les Îles et juste pour vous montrer à quel point la vie coule et que tout s'arrange.. alors que je me demandais ce que j'allais bien pouvoir manger pour souper demain soir, je reçois un message de Mélissa - la proprio qui me loue le sous-sol de sa maison : Delphine (la fille de son chum qui a 8 ans) nous a donné l'idée de t'inviter à manger de la fondue chinoise avec nous mardi soir. Acceptes-tu?

Alors ouioui, je pense que tout se place ou se replace, retrouve son sens et que la vie continue, là-bas.

samedi 13 octobre 2012

Ma belle petite Marie Cadeau d'amour m'a dit : Je vais prendre l'argent dans mon compte de banque et je vais m'acheter un billet d'avion pour partir avec toi aux Îles de la Madeleine et j'ai braillé des larmes de joie devant tout le monde autour de la table au resto.

mercredi 10 octobre 2012

conseil d'ami

Pis t'es bin mieux de l'écrire ton roman.. Tombe pas en amour avec un gérant de walmart, là! - Brun

mardi 2 octobre 2012

danse princesse, danse..


Cette toune donne envie d'aller jusqu'au bout du monde.